mardi 17 juin 2008

De l'importance de la sensualite culinaire

C'est une conversation recurrente entre voyageurs. Et elle m' amene toujours a la meme conclusion... Voyager, ajoute a sa vie , et se regaler en voyageant, decuple le plaisir. Combien de fois, je me souvien avoir ete malheureuse a pleurer de plonger ma cuillere dans le 20eme meme plat de viande bouillie et rebouillie, sans saveur.... Minee par l'assiette, abattue a grands coups de couteau sans dent.

Au contraire, il est des pays ou on pourrait passer son temps a gouter ce qui nous passe sous les yeux, a saliver simplement en regardant des mains expertes decouper, assaisonner, et appreter quelques nouilles, ou se surprendre a suivre sans prudence un fumet inconnu dans la rue... La Thailande par exemple...

Il n y a (presque) rien de plus excitant que de laisser glisser sous sa langue une saveur nouvelle, de se laisser aller au plaisir de la texture, puis d'approcher l'orgasme des papilles... Surtout quand le lieu de gourmandise, a des airs de paradis.


Nous avions les pieds nus poses a Jimbaran, un village de pecheur au sud de Kuta et de l'aeroport quand j'ai pousse mon premier cri de plaisir d' agapes. Une plage, territoire des pecheurs, et des rangees de tables en plastiques sous les etoiles. Une epaisse fumee de feu de bois embaumait le lieu.
Voici le BBQ, version oceanique. 15 000 roupies ( env. 1.5 francs) les 100 gr de gambas, 25 000 pour la langouste, et du poisson frais a encore fretiller de la queue. En veux tu, En voila! Quand en plus, ca ne coute rien, les portes de l'extase se franchissent sans reflechir.


Alors evidemment on n' a pas su resister a l'appel des sirenes et craque pour le festin: du poisson grille, des gambas, des palourdes. Avant meme d'avoir eu le temps d'avaler une premiere gorgee de biere, la table s'etait remplie d'une dizaine de plats: epinards d'eau citronnes, salade de concombre, fruits, autres sauces epices ou sucrees et meme des patates etc...



Quand a la premiere bouchee, la chair du Red Snapper a fondu sur ma langue, j'ai plonge dans 1 heure 1/2 de pure jouissance, ponctuee de "mmmh", de "encore" et de "c'est trop bon" en cascade, sous l'oeil amuse du Fredo qui a irremediablement decrete ma gourmandise incurable. (Je mange presque deux fois plus que lui, pour le moins... deux fois plus vite!)

Enfin, l' essentiel c'est d'assumer, et de ce cote la aucun probleme. Mais j'avoue, je me sens encore coupable d'avoir abandonne cette gambas gisant, esseulee, sur son assiette en plastique. A decharge mon estomac m'as fait comprendre que c'etait elle ou lui!

Et a part ca? Ben... Je crois que j'ai perdu un kilo dans l'effort. :0)

vendredi 13 juin 2008

Sur le declin

Sanur beach... Dans le LP (langage d'initie ;o) ), ils presentent Sanur beach comme l'alternative ideale a Kuta, pour tous ceux qui grosso modo refutent l idee de se ballader avec une dent de requin autour du cou, de porter des tong Rip Curl ou Quicksilver tout en en finissant sur la "beach" biture a la Bintang a 4 h du mat'. Car c est bien connu c est a cette heure la que la wawe est la meilleure...Oui un peu de caricature et de cynisme, n'ont jamais fait de mal aux cheveux decolores par le sel....

Treve de langue de python reticule....

Sanur, c'est donc l'alter, le ying de Kuta, un autre monde est possible... En clair, c'est CALME, et cela nous sied parfaitement! Mais la ou cela devient franchement anachronique, c est que tout est fait ici pour faire croire au paradis du tourisme, mais tendance retour vers le passe, lui rutilant d'animation. Une bonne cinquantaine de boutiques sans acheteur, des hotels vieillissants a la pelle, des restaux vides, une plage globalement sale.
Sanur a un air de station balneaire sovietique sur le declin, un peu vieillotte, un peu desuette. Differente...mais pas denuee de charme. De la a savoir, si il s agit de quelques residus de dommages collateraux des attentats de 2002, c est une autre histoire!


De notre cote on a passe la journee a deambuler gaiement en velo le long de la plage, apres avoir profiter de la petite piscine de notre guest house dont nous somme les seuls clients.


Mais avant, on a surtout achete nos billets pour Borneo, et mieux qu'un long discours, une petite reconstitution.

US:-Hi, we like to buy a flight ticket for Sampit.
Agent de voyage de la place:-For WHAT?
U:-Sampit in Kalimantan!
AVP:-... ... (regards incredules a ses collegues)
U:-Borneo!
AVP:- There is no flight!
U:-No, you should check, there is one, from Surabahya to Sampit, leaving very early on the morning.
.... .... 20 coups de telephone et 80 minutes plus tard, nous voila presque en possession de notre flight ticket que notre interrlocuteur redige a la main.
AVP: What a strange route!!! It' s really a strange route, Sampit... Nobody goes there...
Moi: But not so strange as Irian Jaya in Papoua?
AVP: No, stanger, lot of people go to Papoua! This is the first ticket i ever sold in my life for Sampit.
Moi: ...Okay...
En partant, on l a vu se retourner vers son collegue et lui dire quelque chose qui devait approximativement ressemble a : " Non, mais t as vu ces deux tares, il veulent aller a Sampit...Sampit, et pourquoi pas Saint Jean de Cuculle?"

Resultat, nous on creve encore plus d aller les voire ces n'orang outans. J ai rendez vous le 19 avec le biologiste anglais du parc de Tanjung Puting pour mon reportage. On decolle, ou pas, le meme jour. Ca va etre grandiose.




En attendant, 1 jour de plus a Bali, ensuite Java, petite marche revigorante et sulfuree sur le volcan Ijen et depart pour la ville ou personne ne va.... Sampit puis Pangkalan Bun et enfin Tanjung Puting.

Vous savez quoi, ca prend un temps fou d'ecrire un blog.

La plus longue defaite du monde

Mercredi 12 juin, Zurich.

A une demi-heure d'embarquer, ambiance nationalo-surrealiste a l"Unique" airport (what else?), les avions de la compagnie nationale ne sont pas les seuls a arborrer une touche rouge et blanche, grande et tendance"Unique" de la premiere quinzaine de juin. Et oui, cela semble incroyable, mais l'evenement qui fait tremble le chalet d' Heidi dans son en entier ce mercredi 12 juin, ce n'est pas mon depart en Indonesie... mais le footchaballlllllllll!!!!! Bon sang, what else?
Du coup, une premiere: je n'avais encore jamais bu de biere devant un match dans une salle d' embarquement, surtout pas avec 150 supporters en col blanc, en sari, en tongs, en suisse allemand et en pantalons de trekking .
Bref, a une minute de monter dans le zinc (impeccable, rien a redire, et que ce soit moi qui le dise, c'est dire), force est de constater, qu'il fait bien un temps aussi pourri sur le tarmac que sur le terrain. Bienvenue en Suisse... Et qu'un goal c'est mieux que rien apres tout, pour finir sur une note positive cet Euro fuit avec force et conviction jusqu'en Asie....

Singapour 12 h, plus tard, grogis mais heureux. Environ, 1 heure 30 pour changer d'avion, et 45 minutes pour ne surtout pas louper la deuxieme mi-temps, diffusee par tout, dans tout l aeroport, sur tout les ecrans. Froce est de constater que 12 heures de voyage et + 7 GMT, n' y font strictement rien, l'Euro a embarque dans le meme vol que nous et a bien decide de ne pas nous lacher les basques. Aller, aller, c est les vacances, on se detend du filet....

Denpasar, 4h30 plus tard... Pour faire passer la file de touriste en douceur entre deux tampons de visas, brillante idee, on a installe des TV devant chaque guichet... Je vous le donne en mille... qui qui court avec ses grosses cuisses velues sur l'ecran, et qui rate le ballon en plus.... Woui, les footeux suivent la, mais c est notre Yakin national. Welcome to Bali...

Mais la ou vraiment je commence a me poser des questions, c est quand ce matin, je me retrouve nez a nez face a ca:



Bo, il parait que Sanur est un haut lieu de magie noire et blanche.... Noir et blanc... Ce serait pas la couleur des ballons de foot, mhein????

dimanche 8 juin 2008

Une histoire de bagage

Mon très cher sac à dos, voilà 10 ans que nous nous sommes rencontrés toi et moi. Dix ans que tu me supportes par vents, par mers et par déserts. On en a vécu des aventures toi et moi... Chabadabada... Je ne t'ai pas toujours bien traité. Je tiens d'ailleurs à m'excuser pour toutes ces soutes d'avions et de cars sordides, pour ces toits de 4x4 sans amortisseurs, ces combis archi comblés, ces tricycles fumants, ces bancas chavirants, ces tuks-tuks imprudents. Accepte mes excuses car je te promets de recommencer, encore et encore.


Pourtant tu me restes toujours fidèle, indéfectible compagnon de route. Cent fois, j'ai pu me reposer sur toi et m'abandonner au bras de Morphée, te délivrer mes petits secrets, grands ou petits états d'âme, te confier des souvenirs de bric et de broc, des carnets de routes rarement achevés. Je t'ai souvent trouvé un poil lourd, mais je ne pouvais m'en vouloir qu'à moi-même et à ma coquetterie notoire. Tu as même porté mes petites culottes dentelles et cotons, c'est dire l'intimité qui nous lie.


Alors pour fêter nos 10 ans de voyages communs, allez viens, je t'emmène en Indonésie.
On va à Bornéo, tu te rends compte? Je sais pas toi, mais moi j'en rêve depuis que je suis aussi haute que toi. On va aller dire bonjour aux Orangs Outans, dans 20 ans il paraît qu'on les aura fait disparaitre ces grands rouquins. Puis on va escalader un volcan en évitant d tomber dans son lac acide, prendre des tas de transports inconscients, se perdre dans les rizières. Enfin, tu pourras te reposer un peu pendant que j'irai taquiner le sea snake....(pourquoi tu souris là?) Tu vas voir, encore une fois, on va ne plus vouloir rentrer.

Ah, j'allais oublier, j'ai un petit cadeau pour toi.. Vas-y, ouvre- le. Sois pas timide!
Oui c'est le nôtre...Enfin!
Notre blog, rien qu'à nous...

Joyeux anniversaire, je t'aime mon vieux backpack!