dimanche 6 juillet 2008

Le bonheur c'est simple mais... fugace.

Voila voila, nous sommes donc openwaterise, un parcours sans faute a l'examen, et l'envie evidemment d'aller beaucoup plus loin, beaucoup plus profond pour voir des poissons beaucoup beaucoup plus gros... Mais la vraiment plus de budget du tout et plus de temps surtout. A peine croyable (vu d'ici, bien entendu) mais notre temps en Indonesie se compte desormais en jours... Donc les formations advanced et Rescue, ce sera en decembre, Inch Allah.


En attendant, chaque minute se savoure, et la premiere impression dissipee, on decouvre Trawagan. Et j'oserais presque vous dire (agr, que c'est dur d'avoir tort) que je me suis trompee, finalement, je l'aime bien cette ile. Voila, on a plus envie de partir, la nostalgie plane au dessus du bateau que nous prenons demain pour Bali. Bali, terre d'accueil, havre de repos et dernier visage de l'Indonesie jusqu'a la prochaine fois...


Les amateurs comprendront, mais resolument, les voyages, c'est comme les sushis. Ils ne rassasient jamais ceux qui s'en delectent, et laissent sur la langue cet irresistible gout de "reviens-y"...(et moi en plus, j'aime autant les uns que les autres....)




Mais pour quelques longues heures encore, notre vie ici c'est toujours ca:


Petit dej avec vue

Petite festouille en bonne compagnie

On l'a bien fete cette Open Water, et puis grace a lui on a fait une tres tres jolie rencontre

Petit cliche de carte postale

Petit j'essaie de faire comme sur la page 76 du catalogue de la Redoute, 15 essais, un ventre rentre au max, pour moi aussi me la peter a la soiree diapo (quoi j'vous avais pas dit?), apres tout c'est aussi fait pour ca les vacances....une belle soiree diapo avec tous ses n'amis :0))

vendredi 4 juillet 2008

3 iles, 3 possiblites: a): b) :c)?

A l'est de Bali, juste avant de toucher les terres volcaniques de Lombok, il y a 3 toutes petites iles... Les Gili.
Gili Air, Gili Meno, Gili Trawangan. On a passe pas mal de temps a jouer a "feuille caillou ciseau", pour savoir sur laquelle d'entre elles nous irions finalement poser nos tongs, travailler la marque du maillot, et surtout passer (enfin) un brevet de plongee, ... L'authenticite d'Air, les robinsonnades a Meno, ou les cocktails et la debauche de Trawagan?
Apres une reflexion, genre equation a 47 inconnues, il fut decide que nous allions faire mal a notre foie, et decaler de quelques heures notre rythme de poules. La raison, oui c'est fou, a eu raison de la notre qui penchait indubitablement pour la robinsonnade. Car apres Java, apres notre exil borneonais, apres les rues desertes d'Ubud a 23h, d'une part notre corps reclamait un peu d'ennivrement et nos cerveaux commencaient a ne plus savoir utiliser leurs zones de sociabilisation. Il fallait, croyait-on, aller dans leur sens, alors que le coeur revait de noix de coco eventrees sur une etendue de sable deserte. Et d'un ballon nomme Willson, mouais, non en fait ca c'est une autre histoire....

Evidemment, a peine le caoutchouc des Habaiannas avait il foule le sable pas vraiment fin de la plage de Trawagan, que nous avons ete pris de remords. Arrivee de nuit, impression d'un mini Koh Phi Phi avec son lot de bars, de blonds marcellises et de blondes empouponnees. Plage defiguree par une jetee, pas un seul bungalows sur le sable... C'est le probleme quand on commence a avoir vu pas mal de chose. On devient de plus en plus exigeant. Alors Trawagan, c'est joli... Il y a de l'eau clair, du sable, du soleil.. Mais... Ca ne vaut pas Palawan aux Philippines, (rien jusqu'a present ne vaut Palawan), ni Ko Wai ou Ko Samet en Thailande, ni Anakao a Madagascar.... Bref, c'etait la minute blasee.... Desolee pour ceux qui bossent...:0)

Et puis nous avons fini par arriver au club de plongee dans lequel nous avions eu la mauvaise idee de reserver un bungalow... Coince entre deux bars et un compresseur.. sic

Mais comme toutes les histoires a l'eau turquoise, evidemment, il y eut rebondissement dans c'te affaire.
Une fois devore les 18 excellents sushis pour 7 dollars....
Une fois domicile etabli dans un nouveau bungalow, le dernier, le plus isole de l'ile, sur un p'tit bout de plage fin.
Une fois sympathise avec les "buddies" de plongee
Une fois les tortues, les merous et les poissons pierre (very dangerous) salues.
Une fois sirotee l'incroyable frozen strawberry margarita.
Une fois les 257 pages du manuel de l'open water dive ingurgitees (mais pas encore regurgitees, examen demain)
Une fois les sarcasmes mal places deplaces... On a finalement decide de rester un peu plus, dans la limite de notre retour shopping a Bali... Comme quoi...Le voyageur aussi est un resilient :0) (mais sacrement corruptible)
Et puis surtout, on a un prof de plongee, tellement caricatural... Un vrai bonheur (sauf quand il nous fait le coup de la panne d'air sous l'eau, les poissons etaient plies, nous moins) . Un champion du monde....
Vous voyez Popeye dans les Bronzes?Vous vous rappellez des sitcoms AB production? Et bien vous etes encore tres tres tres loin de Bubble man, le plongeur qui mate plus vite que son ombre!
Je vous promets un petit best of des meilleures citations du garcon tout prochain...

En attendant, quelques breves images fraiches du jour.

Revisions pour le brevet de plongee, vacances decidemment tres studieuses !!!

Ok? OK!

Gili Air, un acte manque.


Un digne heritier des Bronzes se cache sur cette image, saurez-vous le reconnaitre?

dimanche 29 juin 2008

La photo "fond d'ecran" du jour!

No comment


Mais la region d'Ubud c'est aussi:

Du vert!

Du canard !(croustillant:0))

Et surtout, de la riziere!

Jardin d'Eden et peau de chagrin

Apres 5 heures de taxi collectif et autant d'heures de massacre auditif a grand coup de decibels de remix techno-dance-daube, apres 1 heure de cercueil volant et un enorme bruit de dissloquation a 2000 metres du sol, apres 16 heures de bus brinquebalants, et a nouveau autant d'heures de re-massacre auditif aux decibels des Corrs ET de Shania Twain (oui, oui, oui), apres une demi-heure de ferry, apres la cryogenisation a la clim' de tout ce temps cumule (si quelqu'un peut m'expliquer pourquoi, toujours, systematiquement, partout, en Asie du sud-est, la climatisation est a 10 degres au maximum dans TOUS les transports, il gagne un esquimau au chocolat), bref, apres toutes ces heures de transit, qui font, c'est bien connnu, les meilleures souvenirs pendant les soirees diapo, nous avons debarque, a 4 heures du mat, a UBUD, ke Bali.


Autant le dire, nous sommes passes dans une autre dimension... tres, tres tres lointaine de Borneo, de ses moignons de foret, de ses chambres moisies, mais aussi de ses merveilleuses surprises humaines. Ubud c'est le jardin d'Eden, le royaume de l'hedonisme, du joli et du panier perce.



Des bungalows raffines (merci Zian) , des spas chouchoutans, des restaux a en faire saliver un orang -outan, des boutiques de fringues singulieres, de design, de bijoux, des ateliers d'artistes, des meubles. Voila, Ubud, c'est en quelque sorte mon ile de la tentation... Pas facile d'enterrer comme ca l' "homocitadinus" depensiere frenesique . Apres 3 semaines de disette, elle a repris le dessus en l'espace de quelques heures... On croirait voir une Carrie Bradshaw dans une reserve de Manolo shoes.


Et tout ces plaisirs de consommation ressembleraient presque a s' y meprendre a des vacances, des vraies, un peu futiles, un peu vaines mais tellement regenerantes... Le pire? Pas le moindre remords.
Et bien, mon tres cher, compte en banque, je crois que notre route s'acheve ici, je vais te laisser poursuivre ton chemin. Crois-moi, tu seras plus heureux sans moi...


Quoi? Une personnalite contrastee et paradoxale? Humaine... what else?

Apres la jungle, la jungle.

C'est une ville dans laquelle personne ne va...
Non, en fait, c'est plutot une ville dans laquelle, il est excessivement rare que des etrangers s'aventurent. D'autant plus, s'ils portent le teint pale!
Dans cette ville peu visitee donc, il y a un hotel.
Non, en fait, il y a plusieurs hotels, mais l'un d'eux, est le "best hotel of the city".


Dans cet hotel, dans cette ville ou personne ne s'attarde, on ne change pas les draps.
Non, en fait, personne n'a jamais trouve necessaire d'expliquer a quicquonque pourquoi il etait agreable de dormir dans des draps popres...
Derriere la chambre du meilleur hotel de Sampit, la ville absente des cartes, il y a une piscine.
Non en fait, pas exactement une piscine, disons plutot un bouillon de culture: herpes, mycoses, hiv, ebola... Peut-etre meme, dans les profondeurs, quelques virus inconnus au bataillon de la science ... Qui sait... Pour sur, personne ne s'y est jamais aventure!


Autour de ce laboratoire humide pour epidemiologiste en ballotage, il y a des "sculptures"de poissons en platre, ou en carton pate, on n' a pas encore tranche.
Non, en fait, il n' y a pas qu'autour de la piscine qu'il y a des n'animaux sorti d'un train fantome de serie Z.
Dans cet hotel decrepit et decati d' une bourgade solitaire du centre du Kalimantan, il n'y a strictement rien a faire....
Non, en fait, c'est un peu exagere... On peut y regarder "le meilleur" de Mr Bean en mangeant un nasi goreng huileux... Et puis dans le parc, il y a des gros champignons qui poussent....




Ouais, ben, on s'amuse comme on peut que voulez-vous!

mardi 24 juin 2008

Le chainon manquant entre la couleur de mes cheveux et Chewbacca

4 jours dans la foret primaire c'est:

1 Klotok (bateau du coin) et aucun naufrage
76 piqures (5 pour Fred, 71 pour moi....) et pourtant 250 ml d'anti-moustique extra fort, et meme 1 moustiquaire
0 biere mais 1 Coca, 1 Fanta rose (burp) et 30 bouteilles d'Aqua
4 membres d'equipage et 1 arnaqueur
1 jeu de Uno et 5 victoires
22 orang outans, dont un a 2 de tension, une emmerdeuse, un chapardeur, 2 gros mAles dominants avec tout ce qu'il faut de poils la ou il faut, et enfin une au beguin visible pour le Fredo (et que je t'attrappe la main mon loulou, vient on s'en va tous les deux roucouler dans la jungle :0))
1 fleur carnivore, 2 nids de tarantules, 10 de guepes mais pas de serpent.
1 fondatrice de Camp Leakey, une grosse paire de lunette sur un air de diva, mais sans politesse (en option pour les orang outans seulement)
3 douches a l'eau de la riviere
1000 fois racontee l'anecdote du touriste anglais devore, atteste meilleur petit dej' par les crocodiles depuis 2001
1 brossage de dents a la lueur des lucioles
1 matelas Hello Kitty, et 1 autre Puca
6 plats de riz, 2 ananas, 1 pot de lait concentre, 1 bouteille de sauce soja douce et 24 tranches de bananes frites, 0 carie pour le moment
15 touristes, dont 2 que j'aurais bien jete aux crocodiles comme on offre un repas chez Rochat.
1 tour de batterie d'Ipod, et 16 minutes de Lights (Archive) en dedicace aux lucioles
10 questions a un ancien coupeur d'arbre devenu ranger dans le parc.
2 histoires droles et vraies: un voyeur d'orang outans forniquateurs et un petit orang outan saoule a l'insu de son plein gre.
10 pages lues de mon roman du moment , L'histoire de l'amour
206 photos
0 prise de bec
1 refaisage d' univers et 1 cours d'astronomie
4 familles de Proboscis Monkeys, des droles de singes qui auraient plu a Edmond Rostand, un pic! Un cap! Une peninsule (malaise) oui !
4 millions de roupies en moins sur le compte en banque mais quelques 81 heures de souvenirs.
Et enfin 1 arbre plante!


Parc national du Tanjung Puting

Resting on the Klotok

Meme dans cette aire protegee, la foret est passe par la case scies (illegales)

Jeune orang-outan a Camp Leakey, les rangers l'appelle Percy.


On a plante un arbre a Borneo, il a meme pas encore 2 ans, un p'tit djeun quoi.


Qui est le plus curieux celui de la ville ou de la foret?

La mere d'un ancien coupeur d'arbre dans le village de Tanjung Harapan


vendredi 20 juin 2008

Une graine de tournesol qui s'essaime

Togu c'est un jeune mec, la trentaine. Il vient de Sumatra, lui aussi. Avec sa bande de potes, ils ont cree une association, ici a Pangkalan Bun. Yayorin! Leur credo: les hommes ont besoin de la foret, et la foret a besoin des Orang Outans. En clair une approche avant tout humaniste de la conservation: faire son possible pour sauver les orang outans c'est bien, mais c'est quand meme beaucoup mieux si d'abord on offre l'education aux fermiers, aux villageois, a la jeunesse. Bref. Ils sont 25, tous jeunes, tous amis, motives, passionnes, et avec leurs cerveaux tres bien construits et leurs gros bras, ils ont bati un endroit remarquable. Une bibliotheque bien fournie pour les enfants, 8000 livres. Et aussi des cours d'anglais dans la nature, ils ont recree une petite foret dans leur jardin, il font des camps ici avec les petits, ils leur apprennent le recyclage, le respect de la nature, le jeu.


Et puis surtout, ils ont developpe un programme d'education a l'agriculture biologique. Eux ont reussi l'exploit de faire pousser des legumes sur cette terre de tourbieres, sablonneuse ou rien ne pousse a explique le gouvernement indonesien. Alors ils invitent les fermiers, leur expliquent que c'est possible de faire pousser des legumes plutot que des palmiers a huile. Ils les forment, les encouragent eux aussi a planter, a exploiter enfin leur terre. Et surtout ils leur donne l'outil pour le faire, l'education.


Ils esperent qu'ils vont en convertir peu a peu, et que peut etre un jour les plants de tomates, les choux, et les salades remplaceront les palmiers a huile. Ils se bougent, ils n'ont pas d'argent mais de l'energie. Au debut on les regardait avec mefiance ici, parce qu'ils avaient tous les cheveux longs et moins de 30 ans. Maintenant, on les appelle quand quelqu'un tombe malade dans un village. Ils ont aujourd'hui quasi atteint le statut de messie. Meme dans la terre defrichee, il y subsiste toujours quelques jeunes pousses pour resister. Yayorin, c'est une graine de tournesols dans un champs de palmier!



Moi qui ne m'emballe pas souvent pour les projets associatifs, pour une fois j'ai ete conquise, convaincue, seduite, par le pragmatisme et l'intelligence de ce projet tout autant que par l'engagement de cette petite equipe rayonnante. Voila, je trouvais que cela meritait d'etre souligne ici.

La theorie de l'evolution: Rien ne descend de l'arbre... car l'arbre est tombe

"Vous allez voir la famille de Darwin, c'est bien ca? (en parlant des Orang Utans) Votre scientifique la, qui pense que l'homme descend du singe... L'homme descend du singe.... Ha ha ha ha... Hi hi... haaa haaa..."
Yesran vient de Sumatra, il vit et surtout travaille a Borneo depuis 2 ans. Son metier? "un peu chimiste, un peu scientifique". Son domaine d'activite: les plantations d'huile de palme, comme tout le monde au Kalimantan. Ici, quand on ne coupe pas les arbres, on plante des palmiers pour en faire des "bio"carburants.... Yesran ne croit pas a la theorie de l' evolution. Pas plus qu'aux dommages a l'environnement causes par la culture de l'huile de palme. Yesran croit en revanche qu'il est temps d'investir, d'ailleurs si ca nous interesse, c'est un "very good business". Yesran est riche, il prend l'avion, il a une maison, une voiture, un chauffeur, un laptop. Et il est surtout vraiment tres sympa.


Rencontre a l'aeroport de Sampit, il nous a pris d'affection. Il a voulu nous payer notre trajet jusqu'a Pangkalan Bun a 4 h de la. On ne s'est pas laisse faire. Mais nous avons quand meme partage le meme 4x4. Yesran, c'est un gros coup de bol journalistique aussi. Je voulais interviewer un producteur d'huile de palme, je savais que ca allait etre une mission quasi impossible. Et puis la, je me retrouve en compagnie d'un des cerveaux d'une de ces compagnies, pendant pres de 6 heures....Alors j'ai un peu finte, je ne lui ai pas vraiment dit ce que je faisais, mais j'en ai profite pour poser 10000 questions. Oui, je l'ai un peu interviewe a l'insu de son plein gres. C'est vrai. Mais pour la bonne cause...Si, si, si...


J'espere vraiment pouvoir tirer quelque chose des rencontres ici, vendre ce papier.(Il y a de la supplication cachee dans cette phrase chers confreres et neanmoins amis :0) ) Imaginez que sur 5 heures de route, on n' a pas vu un arbre, il n'y a plus un hectare de foret ici sur des centaines et centaines de kilometres. (des milliers meme) C'est assez hallucinant. A la place des plantations d'huile de palme qui ne profitent a personne, ni aux fermiers ni a l'environnement. Tout au plus aux grands exploitants. Et je ne joue pas mon alter mondialiste de base, promis!


Une fois arrives a Pangkalan Bun, nous avons file chez Stephen Brendt, le conservateur du Parc de Tanjung Puting, une des dernieres poches de foret primaire au Kalimantan. Re- interview. Je n'oserais pas me plaindre, je l'ai bien cherche, mais... bosser, faire un interview in english please apres un leve a 4 h du mat' (et une nuit dans un hotel euh...moisi, ouais c'est le mot) un avion tout pourri, un taux d'humidite proche du 90%, air ambiant 35 degres, 5 heures de 4x4 sur une route defoncee... ben, franchement, c'est hard!


Mais bien evidemment la rencontre fut forte sympathique, et vraiment interessante. Nous en avons mesure toute la portee ce matin seulement apres une bonne nuit de sommeil plus que necessaire et un retour a son bureau pour prendre quelques photos. Et la Stephen nous a donne un contact en or, de ceux qui vous reconcilie avec l'humanite. Il porte le nom de Togu...

Mother Fokker plane !

Prendre un avion en Indonesie, en soit, c'est deja une petit aventure...
Petite culture aeronautique: il s'agit du pays aux 80 compagnies sur liste noire, a savoir la totalite de la flotte du pays.
Maintenant prendre l'avion en Indonesie pour une ville ou personne ne va, (enfin quand meme bien une centaine de personnes, il faut relativiser les infos qu'on me donne et que je vous relaie) ca tient peut etre un peu de l'heresie, je vous l'accorde.

Ne vous fiez surtout pas a l'aspect rutilant du nez de cet avion... C'est un leurre!

En clair pour prendre l'avion de Surabhaya a Borneo, il faut avoir, dans le desordre:
-Un grain
-La foi: Allah, Vishnu, Boudha, le soleil ou meme un ver de terre, l'essentiel c'est la foi; et un petit repertoire de prieres, histoire de ne pas etre pris au depourvu.
-Du Rescue, beaucoup, beaucoup, beaucoup de Rescue
-Une main a ecraser
-Un coeur solide
-De la vodka, du pastis (pur) , du ruhm, de l'eau de vie, voir si possible les quatre a la fois. Bref tout ce qui peut vous alterer la conscience de maniere provisoire mais certaine!
-Un t-shirt porte-bonheur
- Un parapluie, pour eviter les gouttes d'eaux qui vous suintent dessus apres une heure de vol... de la condensation sans doute... :0o (je ne veux meme pas savoir ni pourquoi ni comment un avion condense)

Bon, nous on avait du jus d'orange a la place de l'alcool, mais visiblement cela a tout de meme fonctionne. On croise tout ce qu'on peut pour le retour... Tous a vos gris-gris , on va avoir besoin de vous le 26 juin prochain...:0)




Mais place au present, pour l'instant on a les pieds bien ancres sur le sol en tourbiere de Borneo, et ca, ca n'a pas de prix (enfin , si, mais c'est une autre histoire!)

mercredi 18 juin 2008

De l'importance de la sensualite culinaire II

Bon... ceci dit parfois, les experiences culinaires inedites, ca tourne carrement a la debandade...

Si l'un ou l'une, d'entre vous arrive a identifier la composition exacte du goulag culinaire ci-dessous ( un indice chez vous: il s' agit d'un dessert), il/elle gagne une aventure gastronomique dans ma cuisine...Et je promets de ne surtout pas tenter de refaire" comme sur la photo".


mardi 17 juin 2008

Comme une odeur de souffre..rance

Lundi 16 juin, Java, Ketapang

Leves a... 2 heures du mat', (pas la peine de relire, ce n'est pas une faute de frappe). Premier exploit reussi... Depart pour le Kawa Ijen, un volcan connu pour son lac d'acide et l'exploitation du souffre qu'il genere.
2 heures du mat' donc, paupieres lourdes et demarches pataudes, nous embarquons dans notre 4x4 au cotes de nos compagnons d'une nuit, un couple de francais, la quarantaine, entente cordiale sans plus. Pas d'epilogue, on economise la moitie du cout du trip grace a eux, on va pas faire les difficiles.

Apres deux heures de voiture cahotante, nous voila arrive au pied du Kawa Ijen. Nuit noire decoree par une voute celeste de science fiction a l'accueil. Il fait un peu frisquet, une dizaine de degres. L'organisateur, un jeune gars prenomme Budi nous a accompagne jusque la, ou plutot, soyons precis, a accompagne le chauffeur jusqu'ici. Emmitoufles dans une grosse veste, la tete enfoncee au 2 tiers dans un bonnet, elle-meme retraquetee entre ses fines epaules, il grelote. Un brin de causette, en attendant que Fred aille payer le droit d'acces du volcan, au gardien du site. Budi m'explique qu'il s'agit des conditions climatiques extremes pour lui, enfin pour eux les Indonesiens. Puis, tres serieusement, il me demande: "mais comment vous faites vous en hiver?? Est-ce que vous arretez de travailler? Et les ecoles, elles ferment quand il fait froid? Je lui explique qu'il n'y a pas toujours 6 metres de neige en Europe. Et que 10 degres ne suffisent pas a dire a son boss, que ce matin finalemenent non, tiens j'vais rester sous la couette, trop extreme la... En tous les cas Budi n'ira pas plus loin, "ce n'est qu'un volcan, il y en a partout ici". Et nous n' insistons pas, loin de nous l'idee de le voir se congeler sur place par notre faute.

Nous voici sur l'unique chemin, qui monte vers le sommet, lampes frontales vissees sur le front. 1h 30 de marche nocturne sur 3km. Nous croisons les premiers porteurs de souffre qui ont deja effectue une descente dans le cratere. Il descendent le sentier a la torche, leur charge, de 80 kg environ, sur le dos. On vient de faire un bond de geant dans le temps. Ces hommes travaillent dans des conditions moyenageuses. Leur vie, c'est le volcan, le souffre qui les nourrit, qui les detruit, monter, descendre, remonter. Car il faut bien le transporter plus bas. De la il partira bien plus loin encore pour etre exploite par les geants de la chimie...

L'aube apparait, en meme temps que le sommet. Progressivement, les yeux s'habitue a cette luuminosite a peine eclose. D'autres cones volcaniques se dessinent tout autour de nous.

Moment magique!



Le soleil n'est pas encore leve, on verserait facilement notre petite larme, on se retient, pour plus tard...



Enfin le cratere, au fond, un lac, oscillant entre le turquoise et le vert d'eau, et puis un enorme nuage continu: de la vapeur de souffre. En bas les porteurs s'activent, l'un d'eux s' approche pour nous vendre une babiolle en souffre. Le tourisme ( 70% de Francais, attires ici grace/ a cause de Nicolas Hulot depuis qu'il y a tourne un Ushuaia en 2000 selon le garde francophone du volcan) leur permets d'arrondir leurs salaires derisoires. Moins de 100 roupies le kilos, cad quelque 10 cts. On comprend pourquoi, ils vont jusqu'a se charger de 100kg au detriment du bon sens, de leur sante mais pas de leur survie...

Plus loin en remontant la plus haute face du cratere, on peut appercevoir l'ile de Bali. Un lieu parfait pour engloutir un petit dej compose de 3 toasts avec de la confiture(la grande classe!) en observant le nuage de souffre en contre bas. Ce dernier change d'orientation tous les moments. Il est 6 heures du matin, seuls au monde, enfin seuls "touristes". Tout simplement beau, rien a ajouter!



Finalement, je renonce a descendre dans le cratere, la bronzette au bord du lac d'acide sulfurique bof, et puis comme un pressentiment. Avec ce vent changeant, le nuage de souiffre pourrait bien soudainement avoir l'envie de me coller aux train. et remonter avec lui, ca va etre l'enfer. Fred, lui, n'ecoute que son courage, et se lance a l' assaut du cratere tel le cabri...

En l'attendant, j'observe le manege ambiant. Les porteurs, qui peinent avec leur chargement, et les groupes de touristes qui sont arrives au sommet... Et la, j'ai honte.
Un groupe de piallieuse francaises fait des photos. Elle se plantent au milieu du sentier escarpe, genant les porteurs dans leur travail. Souvenir ultime la photo a cote du vrai porteur de souffre, "un pauvre homme" evidemment, qu'elle racontera Ginette pendant la soiree diapo... Grrr... Donc elle s'autophotographient parmi avec eux, et leur donne (attention c'est du lourd) un biscuit, au chocolat (faut pas les prendre pour des petit LU non plus) pour les remercier... Nausee... Je file a l'extreme oppose de cette bande de cinglees, sur l'un des sommets du cratere. J'ai d'un coup, l'impression d'etre au zoo! Je me sens mal a l'aise, un peu voyeuse de volcan, voleuse de misere....Etrange sentiment, toujours paradoxal du voyageur... Oui nous sommes tous le touriste de quelqu'un, mais le comportement de certains de mes congeneres, parfois, me laissent vraiment sans voix.

Entre temps, le nuage de souffre s'est bien deplace . Il disperse maintenant ses vapeurs toxiques en plein sur le chemin des porteurs, et celui de Fred. Au bout d'une heure, je le vois revenir, extenue et plus ou moins empoisonne au souffre. Il allume une clope, c'est bon signe, il va s'en remettre.... (c'est bon Peg, il a presque pas failli "mourir" cette fois :0))) Bon feeling de mon cote, et hop un petit compliment au 6eme sens feminin en passant.



Il est 11h30 quand nous arrivons a nouveau vers le 4x4 et retrouvons un Budi enfin rechauffe. Sur le trajet du retour, malgre les secousses, tout le m0nde s'effondre . Nous voici prets pour une deuxieme journee qui commence, par un bon repas... Evidemment.
La suite... a Borneo ou pas, on ne sait toujours pas si notre avion va decoller (d'ailleurs on ne sait pas non plus s'il va atterir....(c'est de l'humour maman!) )